Gandhara, un art "gréco-bouddhique" (vidéo)

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  L'art du Gandhara

 

 

 

 

 

L'ART DU GANDHARA


L'art dit "gréco-bouddhique" est né d'une influence héllenique sur l'art bouddhique. Il est apparu au cours des premiers siècles de notre ère, à la suite des conquêtes d'Alexandre le Grand.
C'est dans une province du nord-ouest de l'Inde que cet art a pris naissance, vers le 2ème siècle, avec l'image anthropomorphe du Bouddha , ainsi que toute l'iconographie relative à sa légende. En effet, la Loi Bouddhique interdisait toute représentation humaine et ne le figurait que par des symboles lors des périodes antérieures. Des artistes d'origine étrangère, installés au Gandhara, non liés par la tradition, auraient bravé cette interdiction et ainsi inventé son image.
Le bouddhisme prit une ampleur particulièrement grande dans cette région qui devint un lieu de pélerinage important. Nombre de monuments y furent construits (temples, monastères, stupas...), tous richement ornés de peintures et de sculptures, ces décors servaint de support à la prière des moines et de propagande pour les pélerins.
Le Gandhara fut un véritable carrefour : après Alexandre le Grand, les Perses, les nomades et les pélerins chinois y séjournèrent.
L'art de cette région n'a donc pas seulement été soumis à l'influence héllénique. Il est en fait d'une formation complexe où se mèlent, entre autres, les courants iraniens, romains, koushânes et parthes.
Parmi les 32 signes fondamentaux que présente Bouddha à sa naissance, d'après les textes traditionnels indiens, les artistes du Gandhara ont surtout retenu l'urna (touffe de poils entre les sourcils), et l'ushnisha (protubérance cranienne). En outre, les yeux mi-clos et le sourire énigmatique évoquent la méditation du Sage. L'influence héllénique apparaît dans le classicisme des visages par les traits réguliers, l'oval pur, les arcades sourcilières et le traitement de la chevelure en ondes régulières ou par boucles.
A coté de ces images du Bouddha, lié à un certain hiératisme, des Bodhisattvas et de nombreux personnages annexes (divinités, femmes et enfants...) prennent place dans les scènes sculptées : un art proprement religieux et hiératique cohabite avec un art réaliste et spontané.
Les deux matériaux utilisés par les artistes gréco-bouddhiques sont le schiste et le stuc.
L'utilisation du schiste est antérieure à celle du stuc; elle atteint son apogée vers le 2ème ou le 3ème siècle de notre ère.
Vers le 4ème siècle, il y a un déplacement des centres de production aux extrémités orientales et occidentales du Gandhara, à Taxila et Hadda (actuel Afghanistan). Dans ces deux sites, moins riches en schiste, apparait une autre technique de sculpture : le modelage en stuc.
La fragilité de ce matériaux interdit la création de figures isolées : le support d'un mur est nécessaire; mais peu de ces reliefs nous sont parvenus.
L'art du stuc a été probablement interrompu par l'invasion des Huns, au 5ème siècle.
Le rayonnement de l'art du Gandhara fut considérable; il a influencé l'art de l'Inde, de l'Asie Centrale, de l'Asie du sud-est, de la Chine et du Japon.
 
source : La Gallerie Jacques Barrère (lien) 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Bouddhisme

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Lotus 05/03/2011 23:31


Très belle exposition, d'une finesse, délicatesse du détail, vraiment magnifique... merci pour cette visite.