Rûmi - La parabole de l'éléphant

Publié le par Rûmi

 

 

 

Parabole de l'éléphant Des Indous avaient amené un éléphant. Ils l'exhibèrent dans une maison obscure.

Plusieurs personnes entrèrent, une par une, dans le noir, afin de le voir. Ne pouvant le voir des yeux, ils le tatèrent de la main. L'un posa la main sur sa trompe et dit : "Cette créature est telle un tuyau d'eau." L'autre lui toucha l'oreille : elle lui sembla semblable à un éventail. Lui ayant saisi la jambe, un autre déclara :

"Cela ressemble à un pilier." Après lui avoir passé la main sur le dos, un autre dit : "En vérité, cela est comme un trône".

 De même, chaque fois que quelqu'un entendait une description de l'éléphant, il la comprenait d'après la partie qu'il avait touchée (...) Si chacun d'eux avait été muni d'une chandelle, leurs paroles n'auraient pas différé. L'oeil de la perception est aussi limité que la paume de la main qui ne pouvait cerner la totalité de l'éléphant.

 

L'oeil de la mer est une chose, l'écume en est une autre. Délaisse l'écume et regarde avec l'oeil de la mer. Jour et nuit, provenant de la mer, se meuvent les flocons d'écume. Tu vois l'écume et non la mer. Que c'est étrange ! Nous nous heurtons les uns contre les autres comme des barques. Nos yeux sont aveuglés. L'eau est pourtant claire. O toi qui t'es endormi dans le bâteau du corps, tu as vu l'eau. Contemple l'Eau de l'eau. L'eau a une Eau qui la pousse. L'esprit a un Esprit qui l'appelle.

 

 

 

Djalâl ud-Dîn Rûmi

 

(Mathnavî, III, 1259 et suivants)

 

 

 

 

 

 

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