Ryadh Sallem, un gars qui change la vie autour de lui...

Publié le par Le Projet IMAGINE

 

 

 

 

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Frédérique Bedos a créé un site dédié «à toutes ces personnes dont on ne parle que très rarement et qui font des choses formidables pour les gens qui les entourent».

 

Le monde est pourri jusqu’à la moelle des os. Et demain s’annonce encore plus moisi qu’aujourd’hui. Dans 20 ans, on lira sûrement «Germinal» en pensant : « c’était le bon vieux temps ». Balavoine et Charles Ingalls ne sont plus là pour nous guider sur les  chemins du don de soi. L’égoïste humanité détruit tout ce qui est beau et vole en fusée droit dans le mur. Frédérique Bedos n’est pas d’accord, mais alors pas du tout d’accord avec mon analyse de bistrot de Tijuana. Surtout ne pas être défaitiste clame la journaliste-animatrice-égyptologue-plombier-serrurier (cette fille a tout fait d’après wikipedia). Pour elle, le monde est empli d’une multitude de héros qui font plein de choses formidables et œuvrent, souvent dans l’ombre, pour un monde meilleur. Nous les faire découvrir, c’est  la raison d’être de son projet Imagine .

 

Le site, qu’elle a créé de ses petits doigts de fée, aidée de ceux d’une bande de copains, est un « coup de projecteur à toutes ces personnes dont on ne parle que très rarement et qui font des choses formidables pour les gens qui les entourent », raconte la belle aux cheveux tout bouclés.

 

 Le premier héros qu’elle présente : Ryad Sallem.

 Né en Tunisie il y a 40 ans, Ryad est un enfant de la thalidomide, un médicament qu’on prescrivait aux femmes enceintes avant que ces petits malins de bac +15 de médecins s’aperçoivent qu’il était la cause de malformations congénitales pour les bébés. C’est la raison pour laquelle il est né sans bras et sans jambes. Toute son enfance, Ryad l’a passé entre hôpitaux et centres de soins. Quel bonheur, quel sentiment de liberté, raconte-t-il dans le petit reportage mis en ligne sur le site, quand devenu adulte, son horizon s’est étendu bien au-delà de l’univers aseptisé des couloirs d’hôpitaux. Le monde s’ouvre à Ryad, et dès lors,  « je ne me suis pas soucié de ce que je ne pouvais pas faire, mais de ce que je pouvais faire ».

 

Pas de bras, pas de chocolat, dit l’adage. Pourtant Ryad apporte plus de bonheur aux gens qu’une boîte de Ferrero rocher englouti sous la couette devant Nuits blanches à Seattle par une fille qui vient de se faire larguer par son petit copain en fugue avec la plus jeune de ses sœurs. A peine sorti de l’hôpital, Ryad met sur pied une expédition vers l’Afrique afin d’y envoyer du matériel pour les  handicapés du continent.

 

Ryad est un véritable chevalier du zodiaque, pour lui rien n’est impossible : il n’a pas de mains ; reste qu’il est champion de basket handisport. Un sport qu’il fait découvrir à des détenus lors de tournées dans les prisons. « Quand on est là, les prisonniers s’évadent, affirme Ryad, ils ne sont plus dans la prison. Cette expérience a motivé certains anciens  détenus à se bouger, à  faire des choses, comme reprendre des études. » Les handicapés ne sont donc  pas condamnés à l’assistanat, ils peuvent aussi aider les valides.

 

Pendant le reportage, nous découvrons un homme dont la vie a décidé, dès la naissance, de lui mettre de grandes gifles dans sa tête. Mais loin de s’apitoyer sur son sort, Ryad fait mille choses des dix doigts qu’il n’a pas, milles choses pour les autres. Comme l’organisation du Defistival ; une manifestation annuelle sur le Champ de Mars autour du handicap, dont, originalité de la chose, le seul but est de faire la fête.

 

Sur le site du projet Imagine, des célébrités, comme Bruno Solo, témoignent des périodes de blues qu’ils ont traversées. De ces moments où rien ne va, de l’instant T où on se retrouve au fond du caniveau la tête dans une flaque de merde à en avoir plein les cheveux bouclés. Dans ces situations de grands spleen, le sourire d’une belle inconnue, un moment chaleureux avec un ami ou, pour les Kabyles, le mur du son franchi par la grosse main velu du daron en percutant votre joue, suffisent pour sortir du tréfonds de la dépression.

 

 C’est ça un héros Imagine : quelqu’un qui te sort la tête de l’eau des toilettes, parfois sans le savoir. Le projet Imagine : une ode à l’optimisme et des héros, des vrais, de tous les jours. Incapable de combattre des robots tueurs ou de détruire l’Etoile noire mais très efficaces dans la lutte,  hautement capitale, contre la morosité et le  défaitisme.

 

Idir Hocini

 

 

 

 

 

 

 

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